La parole aux jeunes : Le droit à l'eau et l'eau bien commun sont aussi une affaire des jeunes !

Sensibilisation et expression des jeunes sur le droit à l'eau et l'eau bien commun
Jean-Pierre Wauquier, Association H2O, France & Florence Higuet, IERPE, Belgium
Published: 7 years, 8 months ago (04/10/2011)
Updated: 4 years, 1 month ago (10/27/2014)

Description générale du projet


Nul ne doute que la sensibilisation des citoyens au droit humain à l'eau et à l'assainissement ainsi que leur mobilisation en faveur de la concrétisation rapide et juste de ce droit pour tous passent par des actions permanentes d'éducation, à tous les niveaux et âges.

Une telle éducation vise non seulement à alerter les jeunes générations (et, à travers elles, le monde des adultes) mais également à stimuler leur volonté et leur désir d'action dans le but de modifier et améliorer l'état actuel du droit à l'eau et à l’assainissement dans leur région et dans le monde.

Ces dernières années, des milliers d'établissements scolaires dans tous les pays ont réalisé des actions remarquables sur les problèmes de l'eau - notamment en tant que bien commun, bien public - en essayant surtout de faciliter la participation spontanée des élèves à la création d'oeuvres de différentes natures (spectacles, CD, dessins, photos, poèmes, chansons....). Le monde de l'éducation a un capital d'alerte et de compréhension particulièrement riche. On peut le valoriser pour le mettre au service de la concrétisation de la récente résolution de l'ONU (2010) reconnaissant l'accès à l'eau potable et à l'assainissement comme un droit humain.

Proposition

A cette fin, à l'initiative de l’Association H²0, membre du Réseau RAMPEDRE, et du Rectorat de l'Académie de l 'Auvergne en France, il est proposé que les élèves des écoles primaires, des collèges, et des lycées d'une ou plusieurs régions au sein des pays membres du Réseau RAMPEDRE travaillent sur le thème de la résolution de l'ONU, ainsi que sur la notion du bien commun (au départ de l'eau).

L’objectif

L'objectif consiste à demander aux élèves de dire/exprimer ce que c'est pour eux, dans leur tête, leur cœur, leur imaginaire, le droit à l'eau pour tous et le concept d'eau bien commun. Connaître l'opinion des élèves n'est pas uniquement un acte significatif sur le plan symbolique. L'opinion des jeunes contribue souvent à "penser" et formuler autrement les choix et les priorités des adultes.

Déroulement

Les élèves pourront dire/ s'exprimer par des textes, poèmes, dessins, films.... Une méthodologie commune sera élaborée pour permettre des fertilisations croisées entre régions, moyens d'expression, imaginaires.

Une sélection des travaux réalisés se fera au sein de chacun des pays participants afin de créer une banque de données représentative des pays composant RAMPEDRE et des autres pays qui réaliseront l'initiative.

L'idée est de présenter les résultats à l'ONU dans un rencontre officielle de tous les partenaires impliqués, ainsi qu'en Europe, auprès des institutions de l’Union européenne.

Dans la mesure du possible, le projet prendra son envol durant le printemps 2013 pour après se déployer durant l'automne 2013 et le printemps 2014.

Outre la France, les membres du Réseau RAMPEDRE du Maroc, du Burkina Faso, de l'Argentine, de la Belgique et de l'Italie sont déjà parties prenantes. Le projet va également être développé au Québec et en Palestine.

Contacts

Tous ceux qui sont intéressés par le projet sont invités à prendre contact notamment avec :

  • Jean-Pierre Wauquier, président de H²0 à Clermont Ferrand (Auvergne, France) : jpwh2o(at)aura-auvergne.com

Nouvelles du projet

Les premières réalisation du projet « Le droit à l'eau et l'eau bien commun sont aussi une affaire des jeunes » sont en train d'être réalisées en Belgique, France et au Burkina-Faso.

Les jeunes belges

Exposciences liège

Dans le cadre du projet "Le droit à l'eau et l'eau bien commun sont aussi une affaire des jeunes", l’Institut Européen de Recherche sur la Politique de l'eau - IERPE - tenait un stand à l’EXPOsciences à Liège, les vendredi 22 et samedi 23 mars. Au milieu des multiples projets scientifiques que les jeunes présentaient, un « mur de gouttes d’eau » s’est peu à peu constitué. L’objectif du stand était simple : donner la parole aux jeunes et les sensibiliser aux enjeux autour de l’eau.

Au total, plus de 70 jeunes de tout âge ont eu l’opportunité de s’exprimer librement sur le droit humain à l’eau et l’eau en tant que bien commun. Les enfants et adolescents ont ainsi écrit ou dessiné sur des gouttes d’eau en papier qui étaient ensuite affichées sur un « mur de gouttes d’eau ».

Le "mur des gouttes d'eau"

Texte écrit par Marion Veber, Intern at the IERPE, Belgium publié également comme nouvelle sur RAMPEDRE

Voici quelques images des gouttes des jeunes :


Exposciences bruxelles
Après l'EXPOsciences Liège, l’Institut Européen de Recherche sur la Politique de l'eau - IERPE - tenait un stand dans le cadre de l’EXPOsciences qui se tenait à Bruxelles les vendredi 26 et samedi 27 avril. Au milieu des multiples projets scientifiques et techniques qui y étaient présentés, plus de 150 jeunes de tout âge ont écrit ou dessiné leur vision de l’eau sur des gouttes en papier qui étaient ensuite à nouveau affichées sur un « mur de gouttes d’eau ».

Parmi les nombreuses gouttes, la récurrence du caractère vital de l’eau mais aussi des messages plus pessimistes portant sur la pollution ou l’inégal accès à l’eau sur Terre ont été remarqués…

Texte écrit par Marion Veber, Intern at the IERPE, Belgium publié également comme nouvelle sur RAMPEDRE
Voici quelques gouttes :

Les jeunes burkinabais

Dans le cadre du projet "Le droit à l'eau et l'eau bien commun sont aussi une affaire des jeunes", les élèves de l’école de Loumbila encadré par Lambert OUEDRAOGO, étudiant à l’université de Ouagadougou ont écrit le texte suivant :

"E comme Ecole, A comme Action, U comme Union Je suis une école qui rassemble tous les êtres vivants : hommes animaux et arbres tous apprendront de moi chez moi et c’est ensemble qu’ils agiront pour mieux me découvrir et me préserver car si je venais à leur manquer ce serait à tous !tous souffriront de mon absence.

Je suis universel je suis H2O

Je ne varie intrinsèquement pas puisque je reste le même hier, aujourd’hui et demain H2O;

Sans moi aucune vie sur terre
Sans moi pas de bière
Sans moi pas de paix
Sans moi pas de guerre

Mais je suis vie d’hier d’aujourd’hui et de demain !

J’appartiens à tous et quiconque tenterait de me monopoliser en porterait l’entière responsabilité de la zizanie sur la terre et dans les cieux

Prenez une goutte de moi !

Observez !!

Allez- y Voyez-vous ?

L’eau dans un vase ou dans une mer est la globalisation de ces minuscules parties de moi !
Si je me solidarise pour vous,

Faites de même entre vous car je vous appartiens à tous et c’est tous ensemble que vous agirez pour me préserver et me partager équitablement pour que je sois toujours la vie et non la mort …

A vau la vie ! a vau l’eau !
"

Dans une autre école, au lycée de Réo, Bamouni Boubié exprime sa vision de l'eau à travers le poème suivant :

L'eau qui coule

Toute douce, elle coule
Caressant le sable roux
Le vent léger la plie
Gais, les cailloux y chantent

Fraîche et vive, elle coule
Frôlant l'herbe sur le bord
Fuit le lit des mousses dorées
Frissonne et brille, elle roule

Ses masses envahissent
Ses vagues chantent
Son étendue s'élargit
C'est l'eau qui coule

Sous l'instigation de l'enseignant Socrate Bationo, deux élèves de quatrième du collège de To, au Burkina-Faso ont écrit deux textes:

Je suis la vie
Je suis indispensable pour les êtres vivants sur la Terre.
Je dois exister partout
Je dois servir les ruraux, les urbains, les hommes, les femmes et les enfants.
Mais je suis presque rare dans d'autres parties du globe.
Pourquoi?
Que font les gens du monde?
Ma rareté est anormale
Ma présence est donc nécessaire et obligatoire.
Kadio Kalidjatou
L'eau potable

L'eau, c'est la vie.
L'eau potable, c'est la santé.
L'eau, pourquoi est-elle rare?

Je vis des femmes te chercher en vain.
Des enfants suivre tes traces à longueur de journée.
Des hommes qui sont à tout moment à ta recherche.

Tout le monde n'a-t-il pas droit à l'eau potable ?
L'eau potable est encore un luxe.
Alors, promouvoir l'eau potable est une nécessité.
Bationo Roland


Dieudonné Ido, élève du CEG de TO au Burkina-Faso exprime à travers un dessin et une récitation sa vision de l'eau.


Les jeunes français

Sur proposition de l'Académie d'Auvergne, plusieurs écoles de la région prennent part au projet.

Ecole de Montsalvy, département du Cantal

Voici le poster d'une classe de primaire de CM1-CM2 qui réunit des dessins des enfants autour d'un poème sur leur vision de l'eau.

Lycée de Moulins, département de l’Allier

Un groupe de 7 élèves d’une classe de Seconde a réalisé un mobile. Ils voulaient que ce dernier :

  • Montre que sans accès à une eau potable, l’être humain perd sa dignité, et mette en relief les inégalités dans cet accès à l’eau (entre pays « du Nord et ceux du Sud », mais aussi au sein des pays du Nord) ;
  • Interpelle ;
  • Soit un travail sur l’image qui ne serait pas simplement descriptif.

Ainsi, d'un nuage entouré par des extraits de la Déclaration de l'ONU sur le droit à l'eau coulent des guirlandes de gouttes de pluie. Sur celles-ci, les élèves ont construit des pairs de photos totalement opposées avec des légendes « percutantes » pour dénoncer les inégalités ciblées.

Outre l'Auvergne, une classe de 5e du Collège de Val-de-Reuil en Normandie a aussi été particulièrement investie.

La thématique de l'eau a été abordée par cette classe sous de multiples prismes et par plusieurs matières scolaires, soulignant bien la pluridisciplinarité sous-jacente à l'eau.Tout d'abord, plusieurs visites et interventions sur diverses questions relatives à l'eau ont permis d'enrichir les programmes de SVT, physique et géographie. La consommation de l'eau au quotidien et l'accès à l'eau dans le monde ont aussi été abordés par ces collégiens à travers des outils mathématiques (calculs, tableurs...). Des activités plus créatives ont aussi été menées, à savoir : la rédaction d'un poème de manière collaborative (un vers par élève), qui a ensuite été traduit en anglais ; la réalisation d'un Arbre de Babel composé de slogan et logo traduits dans les langues étudiés au Collège et parlés dans les familles des jeunes ; et la réalisation d'une exposition à destination de CM1-CM2 sur le thème "L'eau au coeur de la science". Enfin, les collégiens se rendront à vélo avec leur professeur d'EPS au Barrage de Poses pour observer cette construction, des écluses et la Passe à Poissons et ils participeront à l'initiative municipale de Ramassage des Déchets le long de la Voie Verte qui suit le cours de l'Eure. Un programme sur l'eau très riche qui est venu compléter les enseignements délivrés à ces jeunes.

Les jeunes ivoiriens

Simon Aka, actif dans l'association H2O nous a transmis ce long poème:

Complainte d'une créature

Je suis l'eau
Cette chose qui est présente
En tout ce qui vit
Tout ce qui respire

J'ai été créée par Dieu mon père
Pour rendre possible la vie
Pour que la vie vive

Je n'ai pas de pays
Pas de race
Pas d'ethnie
Pas de religion

Je n'ai pas préféré
Je n'ai pas d'appartenance
Je suis pour tous et avec tous
Je suis l'Universelle

C'est pourquoi je suis
Sans couleur
Sans saveur

Le monde est monde
Voilà des milliers de millénaire de vie
Je n'ai jamais ouvert la bouche
Je ne me suis jamais plaint

Et pourtant
Je subis les traitements les plus ignobles
Ici bas
Moi la plus généreuse

En vérité
Je suis la plus généreuse
Ma modestie en souffre
Et permettez-moi de le dire
Une fois de ma vie

Je suis le sang qui coule dans les veines
La sève qui parcourt le végétal
Je suis en toute chose
J'existe en tout être

Je suis celle qui sourd de la terre
Celle qui tombe du ciel

Celle qui irrigue le sol
Celle qui arrose les plantes

Celle que l'on boit

Je suis le marigot
Je suis le lac

Je suis la rivière
Je suis le fleuve

Je suis l'océan

De mes retenues
Je nourris la vie
De poissons et de crustacés

Dans ma course longue et soucieuse
Je reverdis la nature insatiable
Sur ma surface immense et insondable
Je fais voyager le navire curieux
Qui va vers l'autre rive

Je sépare les pays de mes bras
Je relie les continents de ma couche
J'éteins le feu qui brûle
J'écrase la soif qui se dresse

Quelle créature en ce monde
Peut-elle me mettre au défi
Vivre sans moi
Sans moi vivre
Et pouvoir vivre
Et vivre vraiment

Quelle créature en ce monde
Peut-elle jurer
N'avoir jamais vécu
D'une seule goutte de mon existence?

Mais pourquoi donc
Tant d'insouciance
Tant d'ingratitude
Tant de cruauté

Est-ce être sans valeur
Si dans mon vouloir naturel
J'ai choisi de n'être
Que pour le bien-être des autres

L'industriel écoule en moi
Ses restes toxiques
Des millions de milliers de poissons, de crustacés
D'êtres vivants
Meurent en mon sain

Les enfants se baignent dans mon lit
Et se laissent noyer dans mes profondeurs innocentes
On m'accuse, on me rend coupable

On n'ouvre le robinet
On me laisse jaillir inutilement
Je coule sur des centaines de mètres
Sans avoir servi à quelque chose

On me traite
On me maltraite
On m'impose la couleur
Et me voici dénaturée
Ridiculisée
Empoisonneuse

En vérité
On prend mieux soin d'un verre de bière
Un verre de vin
Un verre de Tchapalo
Un verre de Koutoukou

Les hommes n'attachent pas d'importance
Aux choses simples
Et moi je suis simple

Les jeunes palestiniens

Contexte

L'Association d’Echanges Culturels Hébron-France (AECHF) travaille à la création d'un livre sur la thématique de l'eau par des enfants palestiniens et français.

Ayant jusqu’à présent développé des projets au niveau local, la participation à l’Initiative Rampedre, le travail effectué sur le thème de la résolution de l’ONU (2010-droit à l'eau et à l'assainissement) et en collaboration avec une école française donnerait au projet de l’AECHF une valeur internationale. La valorisation de ce projet et du travail effectué par les enfants palestiniens, qui seront des acteurs directs, et en collaboration avec des enfants français, permettra de les sortir de leur isolement et de leur redonner une identité. Leur participation et leur prise de conscience en seront d’autant plus importants. L’œuvre qui sera développée par les enfants aura une répercussion plus importante dans le cadre de cette initiative et ils en seront d’autant plus fiers. Donner la parole aux jeunes d’Hébron sur la thématique de l’eau est très importante dans la situation politique et environnementale actuelle dans le pays, surtout si leur parole peut être diffusée au-delà des frontières.

Description et objectifs du projets

Des jeunes de 12 à 14 ans d'une école de la vieille ville d'Hébron, en Palestine, qui auront déjà participé à des projets de sensibilisation à l’environnement et au patrimoine organisés par l’AECHF, et une classe du Collège Beffroi, à Billon, en France vont aborder et s'échangerleurs points de vue et leurs expériences sur la thématique de l’eau (droit à l’eau et eau bien commun) à travers la réalisation commune d'un livre. Différentes approches seront prises (historique, géographique, environnementale…) et le livre sera composé de diverses œuvres (textes, poèmes, dessins, lettres, jeux/quizz, etc.).

Ce projet permet un échange concret entre des enfants français et palestiniens. Un livre écrit conjointement par des enfants de deux pays très différents donne l'occasion de comparer les visions, les espoirs et les besoins de chacun. La création de ce livre a une démarche d’éducation et de communication à la problématique de l’eau.

Outre la sensibilisation des jeunes à la problématique de l'eau, les objectifs spécifiques du projet sont :

  • Faire des jeunes les acteurs directs de la protection de leur environnement
  • Sensibilisation à la notion d’éco-cityonneté
  • Développer un outil pédagogique et récréatif innovateur
  • Développer la créativité des jeunes par l’écriture et l’illustration
  • L’échange et la collaboration entre des enfants/professeurs palestiniens et français

Le livre réalisé sera disponible sur RAMPEDRE.

Au mois de juin 2014, plusieurs activités ont été menées. Les activités ont commencé par un atelier d’expression sur l’eau avec dix jeunes filles. Cela a abouti à la création de dessins et maximes (en français et en arabe). En outre, lors du camp d’été, plusieurs enfants de 7 à 16 ans se sont investis sur la problématique de l’eau. Les activités ont débouché sur plusieurs créations :

  • Un journal de l’Eau qui contient plusieurs articles et rubriques qui sont le résultat d’enquêtes menées par 11 jeunes filles de 12 à 14 ans -
  • Un scénario de dessin animé intitulé « Les larmes bleues » et pensé par 26 enfants de 7 à 16 ans
  • Une chanson écrite par 13 jeunes filles de 14 à 16 ans qui s’intitule « La goutte d’eau »