Jakarta, Indonésie : des citoyens vont en justice pour une eau potable de qualité

Jakarta, Indonésie : les citoyens s'adressent aux autorités judiciaires pour que le droit à l'eau potable soit concrètement respecté dans la grande métropole indonésienne.

Florence Higuet, IERPE, Belgium
Published: 5 years, 2 months ago (02/05/2013)
Updated: 4 years ago (04/10/2014)

Quelques jours après les fortes inondations qui ont touché la capitale indonésienne, le procès intenté par 14 citoyens à l'encontre du gouvernement pour mauvaise qualité de l'eau atteint le deuxième stade des procédures.

Ces citoyens demandent que l'accord de coopération entre le Service régional de l'eau potable de Jakarta - PAM Jaya - et les deux opérateurs privés, PT PAM Lyonnaise Jaya, filiale de Suez Environnement et PT Aetra Air Jakarta, ancienne filiale de Thames Water prenne fin et que la gestion de l'eau revienne entre les mains de PAM Jaya.

Ils se plaignent de la violation de certaines réglementations telles que l'article 33, § 3 de la Constitution du 18 août 1945 :

« Article 33, § 3. Le sol et les eaux ainsi que les ressources naturelles doivent être placés sous le contrôle de l'État et utilisés pour le bien-être maximum du peuple. »

Ou encore la loi n° 7 de 2004 sur les ressources d'eau qui stipule notamment en son article 5 :

« Article 5. L'Etat garantit le droit de tous à avoir de l'eau pour les besoins basiques minimum quotidiens afin de parvenir à une vie saine, propre et productive. (traduction libre) »
L'accord de coopération aurait pour conséquence que la gestion de l'eau potable est devenue avant tout une histoire de profit, ce qui n'est pas sans répercussions sur le prix de l'eau. L'approvisionnement en eau est de même fréquemment interrompu et la distribution n'est pas réalisée de manière égale dans tout Jakarta. Ces conditions affectent les citoyens et en particulier les personnes les plus démunies. Quant à la qualité de l'eau, celle-ci est souvent jaune et sent le chlore. De telles circonstances obligent les résidents à acheter des bouteilles pour s'approvisionner en eau potable.

L'avocat du PAM Jaya, Abdul Fickar Hadja, déclare de son côté qu'ils sont prêts à reprendre la gestion de l'eau si l'accord de coopération avec le secteur privé se terminait. L'important étant que « l'eau soit bien disponible et que le prix de l'eau ne soit pas une charge pour le consommateur ». Quant à l'avocat du Ministre des travaux publics, Tamin M. Zakaria Amin, selon lui, l'accord de coopération ne constitue pas une privatisation, mais est « une participation du secteur privé pour améliorer le service d'eau aux citoyens ».

Ces deux parties recommandent une réunion avec le gouverneur provincial pour discuter de ces problèmes.

Les problèmes liés à l'accès à l'eau dans la capitale indonésienne sont donc multiples (qualité, accès économique, disponibilité...). Il est à espérer que ces citoyens obtiendront gain de cause et qu'une solution participative et durable sera rapidement trouver pour assurer le respect de leur droit à l'eau.


Source


X, Jakarta, Citizen Lawsuit Against Water Privatisation - Government and Operators Sued by Citizens, english traduction from an article from the Kompas daily newspaper, 29 Janv. 2013, http://www.kruha.org/page/en/dinamic_list/39/News.html, consulté le 1-02-2013.