La société civile sri lankaise : « Taxer l’eau pour les usages domestique et agricole constitue une violation flagrante du droit à l’eau »

Plusieurs organisations de la société civile sri lankaise s’inquiètent de la direction que prend la politique nationale de l’eau.
Florence Higuet, IERPE, Belgium
Published: 6 years, 1 month ago (11/07/2012)
Updated: 4 years, 8 months ago (04/10/2014)

Plusieurs organisations de la société civile sri lankaise s’inquiètent de la direction que prend la politique nationale de l’eau.

Récemment, le Water Resources Board, l’agence nationale de l’eau, a en effet proposé de lever une redevance annuelle de 7.500 à 15.000 roupies (50 à 75 USA $) pour construire des puits traditionnels ou forés afin d’extraire de l’eau pour l’usage domestique et l’agriculture. Selon l’Agence, Il s’agirait d’une mesure pour protéger la qualité de l’eau.

Pour les membres de la société civile, cette proposition est une première étape dans la privatisation de l’eau. Elle leur rappelle étrangement le Water Resource Management Policy for Commodification and Privatization of Drinking Water qui, approuvé par le gouvernement en 2000, avait dû être mis de côté des suites d’une forte opposition publique en 2002. Quelques années auparavant, la Banque mondiale avait alors conseillé de telles mesures pour percevoir des recettes additionnelles.

Certes, la protection de la qualité de l’eau est fondamentale, et des mesures doivent être prises pour éviter la pollution et une extraction incontrôlée de l’eau à des fins industrielles et commerciales. Toutefois, la mesure proposée ne va pas dans ce sens mais porte directement atteinte au droit à l’eau des citoyens sri lankais, et spécialement des populations pauvres qui dépendent des puits pour leur consommation quotidienne d’eau. Rappelons que le Sri Lanka a signé la résolution 64/292 du 28 juillet 2010 de l’Assemblée générale de l’ONU sur le droit à l'eau.

Source : 

http://www.asianews.it/news-en/Environmentalists-slam-govt-for-privatising-drinking-water-26228.html