La gestion intégrale de l'eau du Grand Barcelone en situation de monopole privé : où va le respect du droit à l'eau ?

L’octroi d’une concession de la gestion intégrale de l’eau du Grand Barcelone pour une durée de 35 ans, sans le moindre appel d’offre, par l’Àrea Metropolitana de Barcelona ­ AMB, à la principale compagnie privée espagnole des services d’eau Agbar, une filiale de Suez, fait l’objet d’un débat houleux et pose question en matière de légalité.
Florence Higuet, IERPE, Belgium
Published: 5 years, 9 months ago (11/06/2012)
Updated: 4 years, 4 months ago (04/10/2014)

L’octroi d’une concession de la gestion intégrale de l’eau du Grand Barcelone pour une durée de 35 ans, sans le moindre appel d’offre, par l’Àrea Metropolitana de Barcelona ­ AMB, à la principale compagnie privée espagnole des services d’eau Agbar, une filiale de Suez, fait l’objet d’un débat houleux et pose question en matière de légalité. Avec la responsabilité de l’approvisionnement et de l’assainissement de l’eau, Agbar, qui se trouve pourtant dans une situation précaire quant à la légalité de ses contrats de concession précédents, accède littéralement à une position de monopole. D’autant plus que la compagnie est actuellement en lice pour obtenir une concession de 50 ans sur l’Aigües Ter Llobrega – ATLL, le secteur public de l’eau en vrac. 

Une société conjointe, l’Aguas de Barcelona, va être créée entre l’AMB et Agbar, qui détiendra une large majorité. Cette nouvelle entreprise devra payer une redevance annuelle de 20 millions d’euros qui risque inévitablement de se répercuter sur les tarifs que les consommateurs payeront. Leur droit à l’eau en sera donc affecté.

Si l’absence d’appel d’offres fait l’objet de critiques, il en est de même de la position que revêtirait l’AMB : tout en étant l’autorité de régulation, l’AMB serait opérateur de la nouvelle entreprise. Des concurrents d’Agbar auraient introduit une action en justice pour se plaindre des failles dans le processus d’octroi de la concession.

 Mais au-delà des procédures, la question du droit à l'eau reste ouverte, une société privée cotée en bourse ne pouvant avoir le droit à l'eau comme raison sociale de l'entreprise.

Source :

http://www.globalwaterintel.com/archive/13/10/general/opposition-grows-agbars-home-rule.html