La protection du droit à l’eau face aux activités extractives en Tunisie

France Libertés soutient un projet de Bankwatch pour la protection du droit à l’eau face aux activités extractives en Tunisie. Fracking et droit à l'eau.
Fondation France Libertés, France
Published: 4 years ago (10/06/2014)
Updated: 3 years, 12 months ago (10/23/2014)

Soutien au projet de bankwatch pour la protection du droit à l’eau face aux activités extractives en tunisie

Dans le cadre de son appel à propositions « Le droit à l’eau des peuples face aux activités extractives », France Libertés a choisi de soutenir le porteur de projet Bankwatch, une ONG qui a pour cœur de mission de favoriser l’impact social et environnemental des investissements notamment des Institutions financières internationales (IFI).

Dans son appel à propositions, France Libertés a souhaité soutenir des projets œuvrant sur la problématique du droit à l’accès à l’eau face aux activités extractives. Dans ce projet précis, “Water for people, not for fracking – challenging public financing of water extractive industries in the Tunisian desert” (De l’eau pour les peuples, pas pour la fracturation hydraulique) il s’agit des puits de gaz dans le désert tunisien.

Ce projet porté par Bankwatch rappelle notamment que la Tunisie est l’un des pays les plus privés d’eau dans le monde, avec environ 430m3 d’eau par habitant et par an et que l’accès à l’eau est monopolisé par les industries d’exploitation de gaz et de pétrole, au détriment des peuples. C’est donc dans ce contexte que l’ONG s’est mobilisée pour ce projet d’envergure.

Pour Bankwatch et ses partenaires de terrain : le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux et Eco-conscience, l’objectif est double. D’une part, le projet a pour but de favoriser la participation citoyenne dans la gestion de l’eau dans les régions à proximité des puits de gaz, et d’autre part à sensibiliser la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à orienter ses investissements vers des activités soucieuses de l’environnement et de la protection des ressources naturelles. Ainsi, la particularité de ce projet repose sur la surveillance et le questionnement des mécanismes d’investissements européens dans les activités extractives.

Dans le cadre de ce projet, les principales activités de Bankwatch reposent essentiellement sur la mise en place de tests sur l’eau afin de mettre en lumière la pollution de l’eau due à la construction de puits d’exploitation. Parallèlement, dans une volonté de consulter et d’impliquer activement les populations locales et la société civile, des formations et des ateliers sont organisés pour recueillir leurs avis et leurs demandes.

Au sortir de ce travail de terrain de 18 mois, l’objectif est de sensibiliser non seulement les populations locales mais également les institutions publiques aux risques sanitaires et environnementaux que comportent les activités extractives et plus spécifiquement celles de l’exploitation des gaz de schiste. La mobilisation pour la protection des peuples à disposer des ressources naturelles et l’impact néfaste sur l’accès à de l’eau de qualité fait partie intégrante de l’action de France Libertés.

En soutenant ce projet, France Libertés souhaite valoriser l’action de Bankwatch afin d’alimenter le plaidoyer à l’échelle nationale, internationale et onusienne, pour le droit à l’eau face aux activités extractives et pour des investissements publics avec un impact social, soucieux de l’environnement et du changement climatique.


Commentaire de rampedre

Ce projet visant la sensibilisation autour des impacts potentiellement néfastes de la fracturation hydraulique en Tunisie, est l'occasion pour RAMPEDRE de vous informer de la tenue le 11 octobre 2014 du Global Frackdown. Les Global Frackdown sont des journées d'action durant lesquelles de nombreux mouvements de la société civile réaffirment leur volonté de voir cette technique d'extraction interdite au regard de ses impacts environnementaux et sociaux souvent néfastes.

Le premier Global Frackdown en septembre 2012 avait réuni 200 actions des collectivités dans plus de 20 pays et le second en octobre 2013 avait regroupé 250 actions dans 20 pays sur les six continents. Le mouvement continue de croître.

Cette journée d'action est l'occasion pour nous de souligner à nouveau les liens existants entre cette technique extractive et la concrétisation du droit à l'eau. Par un usage massif d'eau et par la potentielle pollution des sources d'eau, la fracturation hydraulique peut porter atteinte au droit à l'eau en touchant la qualité et la quantité d'eau disponible pour les usages domestiques relevant du droit à l'eau.

Pour aller plus loin


Journée du Global Frackdown : http://www.globalfrackdown.org/

Le droit à l’eau face aux activités extractives : les nouveaux projets de terrain soutenus par France Libertés

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