Brasil : l'affaire Belo Monte, une menace pour le droit à l'eau

Le 28 août 2012, le Tribunal fédéral suprême du Brésil a statué dans l’affaire du barrage de Belo Monte en autorisant la reprise des travaux.
Florence Higuet, IERPE, Belgium
Published: 5 years, 9 months ago (10/25/2012)
Updated: 3 years, 8 months ago (11/03/2014)

Le 28 août 2012, le Tribunal fédéral suprême du Brésil a statué dans l’affaire du barrage de Belo Monte en autorisant la reprise des travaux.

Ce projet, qui faisait déjà parler de lui dans les années 80’ est revenu sur la table au début des années 2000’. Construit en plein milieu de la forêt amazonienne, dans l’État du Para, ce barrage deviendra le troisième plus grand au monde. La production en électricité permettra certes de servir les besoins croissants en énergie du pays, mais ses conséquences environnementales, sociales et économiques sont sans commune mesure pour les populations locales. Le droit à l’eau des tribus indigènes est notamment menacé, de tels travaux déboussolant complètement le régime et la qualité de l’eau. Si certaines zones vont être inondées, d’autres seront asséchées, forçant plusieurs milliers de personnes à se déplacer pour retrouver un environnement et des ressources naturelles permettant la vie. La gestion de l’eau comme ressource hydroélectrique démontre ici ses conséquences néfastes sur son accès quotidien pour l’usage domestique.

Or, le Tribunal régional fédéral de la première région (TRF1) avait donné raison le 14 août 2012 aux populations indigènes qui n’avaient pas été consultées, alors que cette obligation figure tant dans la Constitution brésilienne que dans des Traités internationaux. Le Tribunal avait ordonné la cessation des travaux.

En renversant cette décision, à la faveur de l’État brésilien, le Tribunal fédéral suprême porte un coup aux combats des populations locales pour le respect et la protection des ressources naturelles de leurs territoires.