Journée mondiale contre la méga-industrie minière

Dans le cadre de la Journée mondiale contre la méga-industrie minière plusieurs actions seront menées en Europe et dans les Amériques. L’occasion de rappeler les interactions existantes entre la méga-industrie minière et le droit à l’eau.
Marion Veber, IERPE, Belgium
Published: 3 years, 7 months ago (07/22/2014)
Updated: 3 years, 7 months ago (07/22/2014)
Appel lancé par aldeah (alternatives au développement extractiviste et anthropocentré) :

Cette année de nouveau, en Europe comme dans toutes les Amériques, la journée internationale de lutte contre la méga-industrie minière, pour la défense de la vie et de l’eau aura lieu le 22 juillet. Haut et fort, par nos activités, nos mobilisations, nos rassemblements, nos festivals, nous dirons NON à l’industrie minière polluante, NON à l’utilisation de produits toxiques qui polluent l’eau, l'air et les sols, NON aux méga-mines qui génèrent chaque année des centaines de millions de tonnes de déchets toxiques dont la durée de nuisance se chiffre en siècles, NON aux mines à ciel ouvert qui détruisent les écosystèmes, les zones agricoles, les forêts, les glaciers, provoquent des pathologies incurables et laissent en héritage des paysages lunaires, NON également aux mines souterraines qui font remonter des entrailles de la terre des éléments radioactifs, toxiques et cancérigènes et tuent à petit et à grands feux des milliers de paysans devenus mineurs par obligation, NON à la violence, à la misère et aux inégalités qui accompagnent l’extension à l’infini des « zones de sacrifice », NON à la course au profit et à la fuite en avant dans le productivisme et le consumérisme qui nous font croire que nous n’avons pas d’alternative. NON à la méga-industrie minière, à l’extractivisme et à leur monde.

A l’occasion de cette journée mondiale de lutte, nous appelons à la mobilisation les habitants des territoires menacés par les projets miniers et tou(te)s ceux et celles qui se sentent concernés et solidaires avec les victimes de l’industrie minière, ici, comme ailleurs. Manifestons, informons, organisons la résistance. Rejoignons les mobilisations organisées près de chez nous.

Cet appel ne porte aucune bannière politique. Les mobilisations sont autogérées.

Pour en savoir plus sur les actions menées, cliquez sur ici .

Les interactions entre les activités minières et le droit à l'eau

Au cours de cette journée mondiale de lutte contre la méga-industrie minière la question de l'eau sera centrale ; l'occasion de rappeler les interactions entre les activités minières et le droit à l'eau.

Le droit à l'eau se voit souvent menacé par l'exploitation minière. C'est le cas au Pérou où la filiale de la multinationale américaine Newmont, Yanacocha, menace les sources d’eau de Cajamarca dans le cadre du projet minier Conga ou encore au Chili où les ressources en eau de la communauté de Caimanes sont polluées par des déchets miniers du réservoir du Mauro. Ces deux exemples ne sont en rien des exceptions. Partout dans le monde, plusieurs cas de mise en danger ou de violation du droit à l'eau sont recensés. Les activités minières sont ainsi à la source de nombreux conflits sociaux et environnementaux.

Les activités minières peuvent en effet porter atteinte au droit à l’eau principalement par deux biais : d'une part par la pollution des ressources hydriques et d'autre part par un captage excessif et injuste de ces ressources. Ces deux phénomènes impactent tant la qualité que la quantité de l’eau disponible pour les populations mettant en danger la jouissance de leur droit fondamental à l'eau.

Ainsi, la mise en péril des recharges hydriques, des sources des rivières, des eaux souterraines et de surface, la destruction progressive des glaciers, les drainages acides ou encore l'utilisation massive ou la spoliation des eaux sont autant de manières pour les entreprises minières de mettre en danger le droit humain à l'eau.

Or, que se soit à travers l'obligation de respecter, définie au paragraphe 21 de l'Observation générale n°15 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels, quirequiert des États parties qu'ils s'abstiennent d'exercer une quelconque pratique ou activité qui consiste à refuser ou à restreindre l'accès en toute égalité à un approvisionnement en eau adéquat; de s'immiscer arbitrairement dans les arrangements coutumiers ou traditionnels de partage de l'eau; de limiter la quantité d'eau ou de polluer l'eau de façon illicite [...], l'obligation de protéger, définie à son paragraphe 23, qui implique pour les États parties d’empêcher des tiers d'entraver la réalisation du droit à l'eau via la pollution ou le captage de manière injuste des ressources en eau ou enfin l'obligation de mise en œuvre, définie au paragraphe 28, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels est très clair : les États ont l'obligation de protéger les sources d'eau. C'est là un des défis majeurs pour la concrétisation et le respect du droit à l'eau et des autres droits humains directement liés (droit à la santé, droit à la vie, droit à l'alimentation...).