Projet d'interdiction totale d'exploitation minière métallique au nom du droit à l'eau

Des activistes salvadoriens proposent l’interdiction totale d’exploitation minière métallique au nom du droit à l’eau.
Marion Veber, IERPE, Belgium
Published: 5 years, 3 months ago (03/26/2013)
Updated: 3 years, 11 months ago (07/31/2014)

La compagnie minière canadienne Pacific Rim poursuit le Salvador car l’Etat, souhaitant préserver son environnement, refuse de lui accorder un permis pour un projet d’exploitation d’or.

Par le passé, plusieurs projets miniers dans le pays ont causé une pollution importante des eaux et un assèchement des sources disponibles, mettant alors en péril les populations locales. C’est pourquoi, face aux taux de contamination des sources d’eau et à leur assèchement, les prétendants à la présidentielle de 2009 s’étaient engagés à suspendre toute opération minière dans le pays. Le président Mauricio Funes a tenu sa promesse et le Parlement envisage même de voter une loi spéciale suspendant toutes les procédures liées tant à l’exploration qu’à l’exploitation des concessions minières métalliques. Cependant, pour les activistes environnementalistes, cela ne va pas assez loin : ils demandent au Parlement de voter l’interdiction totale de l’exploitation minière des métaux afin de protéger les ressources en eaux du Salvador.

De nombreuses manifestations sont organisées dans le pays pour soutenir l’interdiction totale de projet minier. Dans le même temps, ces militants pressent l’Assemblée législative à adopter la Loi Générale de l’Eau et la réforme constitutionnelle qui proclament le droit humain à l’eau. En effet, selon eux, la reconnaissance du droit à l’eau dans la Constitution et dans la Loi Générale de l’Eau rendrait impossible l’attribution de permis minier. D’ailleurs, Oscar Umberto Luna, Médiateur des droits de l'homme du Salvador, soutient le projet d’interdiction totale et invoque le droit à l’eau et le droit à un environnement naturel sain comme justification.


Manifestation à San Salvador, appelant les parlementaires à instaurer une législation garantissant le droit de l'homme à l'eau. Photographie réalisée par Robin Oisín Llewellyn.

Les projets miniers mettent en danger le droit humain à l’eau car ils ont un impact tant sur la qualité de l’eau (pollution) que sur la quantité (assèchement des sources, détournement des eaux, utilisation massive de l’eau…). C’est pourquoi, des militants salvadoriens cherchent à dénoncer les effets dévastateurs des projets miniers.

La campagne “Water is More Precious than Gold" consiste en une tournée en Amérique du Nord en mars et avril 2013 durant laquelle plusieurs activistes salvadoriens vont sensibiliser les populations sur les conséquences néfastes des exploitations minières et les informer de leur proposition d’interdiction totale d’exploitation minière. Le Blue Planet Project, et le Conseil des Canadiens soutiennent cette campagne à travers le Canada.

Interdire tout projet minier métallique est une façon d’agir en amont en évitant la contamination des eaux. La protection des sources d’eau est un moyen de favoriser la concrétisation du droit humain à l’eau.

Pour connaitre les modalités de soutien à la lutte contre le procès intenté par Pacific Rim allez sur le site internet du Blue Planet Project http://www.blueplanetproject.net/index.php/water-is-more-precious-than-gold-speaking-tour-coming-to-a-community-near-you/

Sources: