Les initiatives non gouvernementales

Anna Poydenot & Riccardo Petrella, IERPE, Belgium
Published: 5 years, 1 month ago (10/26/2012)
Updated: 3 years, 3 months ago (09/08/2014)

Ci-dessous vous trouverez une première série d'initiatives non gouvernementales ayant une action dans le domaine de l'eau.

Par "organisation non gouvernementale", nous entendons l’organisation dont l’origine, le financement et les finalités ne correspondent pas à celles d’une organisation de mission publique « gouvernementale ».

Dans la partie "Droit" de RAMPEDRE, vous trouverez un article sur le discours et l'influence des ONG au sein des organes des droits de l'homme des Nations Unies par rapport à la reconnaissance du droit à l'eau et à l'assainissement.

Les organisations non gouvernementales spécialisées dans le domaine de l'eau

Académie de l’eau

L’Académie de l’eauhttp://www.academie-eau.org/index.php travaille sur différentes thématiques liées à l’eau dont le droit à l’eau et à l’assainissement. Dans ce cadre, l’Académie a organisé plusieurs colloques et séminaires depuis 2001 ; « Ses travaux et son action ont permis des progrès notables en matière de reconnaissance du droit à l’eau dans la législation française et dans le cadre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme »http://www.academie-eau.org/article.php?id=46. L'Académie s’intéresse également à la mise en œuvre au niveau national et international.  

Les colloques et travaux ont fait l’objet de diverses publications de rapports :

  • Le premier Rapport Le droit à l’eau en date de 2002, analyse les mesures prises dans plusieurs pays (France, Belgique, Irlande, Royaume-Uni, Chili, Afrique du Sud) pour mettre en œuvre du droit à l’eau comme faisant partie des droits économiques et sociauxHenri SMETS, « Le droit à l’eau », 2002, consultable en ligne http://www.academie-eau.org/admin/fichier_publication/63-2002_Le_droit_a_l_eau_2002-1271697894fichier_publication0.pdf.
  • En 2005, le Rapport Le droit d’accès à l’eau potable et à l’assainissementAcadémie de l’eau, Conseil Européen du Droit de l’Environnement, « Le droit d’accès à l’eau potable et à l’assainissement », 8/06/2005, consultable en ligne http://www.academie-eau.org/admin/fichier_publication/67-2005_Le_droit_acces_eau_potable_et_assainissement_Juin_2005-1271951273fichier_publication1.pdf s’inscrit dans la volonté de promouvoir le droit à l’eau en tant que droit justiciable et fondamental. Dans cette perspective, l’Académie de l’eau conjointement avec le Conseil Européen du Droit de l’Environnement, ont élaboré un document présentant les « Principes de base sur le droit d’accès à l’eau potable et à l’assainissement ». Ce texte affirme notamment que le droit à l’eau (qui recouvre le droit à l’eau potable et à l’assainissement) est « un droit fondamental de la personne humaine »Académie de l’eau, Conseil Européen du Droit de l’Environnement, « Le droit d’accès à l’eau potable et à l’assainissement », op.cit.supra note 29, Annexe 1, point 7..
  • Dans le Rapport de 2006, La reconnaissance officielle du droit à l’eau, en France et à l’international , Henri Smets examine les difficultés d’une reconnaissance officielle et internationale du droit à l’eau afin de trouver des solutions pour les contourner. Il s’agit donc d’une étude pour promouvoir une telle reconnaissanceHenri SMETS, « La reconnaissance officielle du droit à l’eau en France et à l’international », décembre 2006, consultable en ligne http://www.academie-eau.org/admin/fichier_publication/77-2006_La_reconnaissance_officielle_du_droit_a_l_eau_Decembre_2006-1271952565fichier_publication1.pdf.

Les rapports plus récents font état de la mise en œuvre du droit à l’eau selon ses différents aspects :

Cette dernière étude se concentre, dans un premier temps, sur la détermination des contours du droit à l’assainissement, notamment sur l’élaboration d’une définition précise et claire ; pour ensuite réaliser une analyse comparative des dispositions constitutionnelles de 16 pays différents, relevant du domaine de l’assainissement. Le rapport s’attache autant à l’analyse de jurisprudences nationales« Quelques exemples de jurisprudence nationale sur l’assainissement », in Henri SMETS « Le droit à l’assainissement dans les législations nationales », op.cit.supra note 34, pp336-347.que de situations particulièresLudovic ALVES MIRANDA, «  L’utilisation et la gestion des latrines scolaires à Ouagadougou », publié en juin 2009 in Henri SMETS, « Le droit à l’assainissement dans les législations nationales », op.cit.supra note 34, pp.353-356.

L’accès à l’eau fait l’objet d’une étude précise de la situation dans la Bande de GazaRaya Marina STEPHAN (consultante auprès de l’UNESCO-PHI), « La situation de l’accès à l’eau et de l’assainissement dans la Bande de Gaza », in Henri SMETS « Le droit à l’assainissement dans les législations nationales », op.cit.supra note 34, pp.363-370.(statut de territoire occupé), au regard des obligations de droit international humanitaire et aux droits de l’homme

Le rapport analyse les différentes mesures prises à Paris pour mettre en œuvre le droit à l’eau. Il s’agit notamment des mesures pour faciliter l’accès à l’eau des populations vulnérables, des mesures concernant la prise en charge des dépenses d’eau, des mesures pour l’allocation de solidarité eau de Paris, mais aussi des mesures tarifaires, de solidarité et d’informationHenri SMETS, « La mise en œuvre du droit à l’eau – Les solutions à Paris », op.cit.supra note 24, pp.22-62.. Suite à l’évaluation de ces mesures, l’auteur en déduit que le droit à l’eau est effectivement mis en œuvre à Paris.

Central Asian Water  

Le réseau régional de recherche asiatique pour l’eau (CAWa)http://www.cawa-project.net/cherche à établir une base de données (de nature scientifique), afin de développer des stratégies de gestion durable de l’eau pour la région Asie. A cette fin, CAWa s’intéresse particulièrement aux défis que représentent les impacts du changement climatique sur la ressource en eau dans la région ; la dégradation de la qualité de l’eau ; la rareté de l’eau ainsi que l’utilisation inefficace de l’eau. 

Le réseau n’aborde pas spécifiquement l’eau sous l’angle des droits de l’homme.

Conseil des Canadiens

Depuis 1985, le Conseil des Canadiens, présidé par Maude Barlow, vise à promouvoir la militance en faveur de la justice sociale, économique et environnementale, au niveau national et internationalhttp://www.canadians.org/francais/propos/historique/index.html.

Les campagnes menées s’articulent autour de plusieurs grandes thématiques : l’eau, l’énergie, le commerce, les soins de santé et l’intégration continentale.

En ce qui concerne la campagne sur l’eau, l’objectif est de « faire adopter une politique nationale sur l’eau qui reconnaît l’eau comme un droit humain et protège nos rivières, lacs et nappes d’eau souterraine contre la privatisation, la pollution et l’exportation en vrac. Le Canada a besoin d’une politique ferme qui veille à ce que les ressources en eau soient non seulement bien définies, mais également maintenues et protégées contre les accords de commerce tels que l’ALENA et l’accord de commerce proposé entre le Canada et l’Union Européenne, qui pourrait favoriser le transfert de l’eau du Canada à des intérêts privés »http://canadians.org/francais/eau/index.html.

Outre les actions menées au niveau canadien, le Conseil a mis en place le projet Planète Bleue qui milite en faveur de la justice de l’eau à l’échelle internationale. Il vise à « protéger l'eau potable, partout dans le monde, de la menace croissante du commerce et de la privatisation »Idem.Ainsi, il est fondé sur les principes que l’eau est un droit humain et un bien public, un bien commun de l’humanité.

Pour plus d’informations, consulter le site : http://www.blueplanetproject.net/

End Water Poverty

End Water Poverty http://www.endwaterpoverty.org/en_francais/ est une campagne internationale, regroupant des organisations du monde, « qui vise à mettre fin à la crise mondiale  de l’accès à l’eau et à l’assainissement »http://www.endwaterpoverty.org/en_francais/membres/ et cherche à promouvoir un accès à l’eau et à l’assainissement accru à travers le monde, et qui s’inscrit dans les actions visant à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Il s’agit d’une initiative particulièrement importante à l’échelle mondiale à laquelle sont associées plus de 200 organismes. À titre d’exemple, font partie de la campagne : One-Drop, Oxfam International, Green Cross International, Jeunes Volontaires pour l’Environnement (Afrique), Center for Water and Environment Development (Afrique), Japan Water Forum, Rising Stars Social Welfare Society (India)…

L’objectif principal de End Water Poverty est d’influencer les décideurs pour prendre toutes les décisions opportunes afin de mettre fin à la crise de l’eau et de l’assainissement. 

C’est dans ce cadre qu’il a été affirmé que « sans accès à l’assainissement et à l’eau potable, aucun progrès durable lié à la santé, à l’éducation et aux moyens d’existence n’est pas envisageable » ; et s’est fixée comme objectif de « modifier les politiques et pratiques en vigueur en s’appuyant sur les principes clés suivants :

  • Egalité – en ciblant les services sur les populations les plus marginalisées, comme les personnes âgées, défavorisées ou handicapées et les femmes ;
  • Lutte contre la pauvreté ;
  • Pérennité des services et des ressources en eau ;

La Campagne Eradiquer le Manque d’Eau cherche à obtenir l’engagement des Etats à fournir de l’eau potable et des services d’assainissement aux populations les plus pauvres du monde, en appelant à :

-       « la mise en œuvre d’un plan d’action international en faveur de l’assainissement et de l’eau potable, piloté par un groupe de travail international
-       l’affectation de 70% de l’aide internationale pour l’assainissement et l’eau potable aux pays les plus pauvres ;
-       la protection et la distribution équitable des ressources en eau ».

De surcroît, son programme d’action affirme que les gouvernements « doivent reconnaître que l’accès à des services abordables est un droit fondamental ». Ce programme prévoit d’agirhttp://www.endwaterpoverty.org/documents/end_water_poverty_programme_daction_french.pdf :

  • Au plan international : constitution et mise en œuvre d’un plan d’action mondial en faveur de l’assainissement et de l’eau potable ; formation d’un groupe de travail mondial pour l’assainissement et l’eau potable ; redistribution de 70% de l’aide consacrée à l’assainissement et à l’eau potable en faveur des pays aux plus faibles revenus ; et protection, gestion efficace et partage équitable des ressources.
  • Au plan national : établissement de cadres nationaux pour planifier, coordonner et évaluer les services ; engagement des gouvernements de renforcer leurs efforts en faveur de l’assainissement ; assistance technique des bailleurs dans la formulation et le renforcement des mécanismes nationaux en matière d’élaboration des politiques publiques.
  • Au plan local : mise en place de services transparents, accessibles et réactifs sous la responsabilité d’instances locales fortes ; desserte prioritaire des pauvres dans le cadre de l’amélioration des services urbains d’assainissement et d’eau potable ; orienter les services vers les couches les plus pauvres et les plus marginalisées de la population.

On attend avec intérêt la réalisation d'une évaluation sur les résultats de l'ensemble des actions de End Water Poverty. 

Fondation France Libertés

Créée en 1986 par Danielle Mitterrand, la Fondation France Libertés (FFL) a pour but de défendre les droits de l’homme, dont notamment ceux des minorités ethniques et, depuis plus d'une dizaine d’années maintenant, « le droit fondamental d’accès à l’eau pour tous »http://www.france-libertes.org/Presentation-France-Libertés.html#.UIp9WxxvfgI.

La FFL a développé essentiellement trois programmes d’actions :

  • Eau, bien commun de l’humanité
  • Droit des peuples
  • Reconsidérer la richesse

Autour de thématiques, ses actions consistent à apporter des solutions et des propositions à travers les plaidoyers, la sensibilisation et le soutien de ses partenaires sur le terrain.

Dans le domaine de l’eau, la FFL « s’est donnée pour mission principale de promouvoir le droit effectif d’accès à l’eau pour tous par le soutien à des projets de terrain portés par les communautés et populations locales pour une gestion participative et démocratique de la ressource. En partenariat avec des projets aux quatre coins du Monde, France Libertés prône l’implication des politiques publiques et l’éveil des consciences. Elle plaide et forme ses partenaires au plaidoyer pour sensibiliser les autorités publiques et milite pour inscrire le droit à l’eau potable et à l’assainissement dans toutes les Constitutions. France Libertés apporte à ses partenaires de terrain une expertise et un appui financier  »http://www.france-libertes.org/Plaider-sensibiliser-et-agir.html#.UIqE8RxvfgI.

Un exemple de projet dans le domaine : les Porteurs d’eau.

« Pour que l’accès à l’eau devienne un droit de l’homme : rejoignez la communauté des Porteurs d’eau (...)
Aujourd’hui dans le monde, 34 000 personnes meurent chaque jour du manque d’eau potable, 1,5 milliard de personnes n’y ont pas accès et 9 pays se partagent 60% des réserves mondiales d’eau. (…)
L'objectif était de recruter un million de Porteurs d’eau, autant de voix pour faire que l’accès à l’eau soit enfin un droit pour tous.
Devenir un Porteur d’eau, c’est s’engager pour l’eau auprès de la Fondation en soutenant ses campagnes de mobilisation et ses projets sur le terrain. Le Porteur d’eau s’engage également dans sa vie quotidienne en portant l’idée que nous sommes tous responsables chacun à notre niveau de la sauvegarde de l’eau, élément vital et irremplaçable. (…)
Être un Porteur d’eau, c’est participer, localement, au mouvement mondial qui oeuvre pour que l’eau ne soit plus une marchandise et que l’accès à l’eau devienne un droit universel »http://www.france-libertes.org/-Pourquoi-les-porteurs-d-eau-.html#.UIqGoRxvfgI.

La Charte des Porteurs d’eau est disponible à l’adresse suivante :

http://www.france-libertes.org/Signez-la-charte-des-Porteurs-d.html#.UIqIDBxvfgK

Freshwater Action Network

Le Freshwater Action Network (FAN) est un réseau mondial d’individus « qui met en œuvre et influence les politiques et les pratiques en matière d’eau et d’assainissement à travers le monde »http://www.freshwateraction.net/fr. 

Le projet le plus important de FAN est de faire des plaidoyers pour la reconnaissance du droit humain à l’eau et à l’assainissement par les gouvernementshttp://www.freshwateraction.net/content/realizing-rights-water-and-sanitation. Actuellement, FAN travaille pour créer un Manuel militant (« Activists Handbook »), fondé sur une approche selon les droits de l’homme afin de constituer un guide pour les groupes communautaires, les ong de défense des droits de l’homme, ainsi que pour les praticiens des droits pour le développement et les employés d’organisations humanitaires.

FAN travaille également en collaboration avec l’Experte indépendante des Nations Unies, chargée des questions relatives à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement en tant que droit de l’homme.

Plusieurs actions sont menées sur le terrain, en Asie et en Afrique, pour le monitorage et le suivi de la réalisation des engagements des gouvernements.

Suite à l’adoption de la Résolution du Conseil des droits de l’homme sur le droit à l’eau et à l’assainissement, la Secrétaire exécutive de FAN a déclaré : 

« We’ve been working towards this moment for a decade. This is fantastic development and will have a huge impact on the water and sanitation sector. (...)
In 160 countries in all regions of the world, governments can no longer deny their legal responsability to ensure provision of safe water and sanitation services for the billions of poor people lacking access »http://sanitationupdates.wordpress.com/2010/10/06/un-human-rights-council-affirms-that-right-to-water-and-sanitation-is-legally-binding/.

Institut Européen de Recherche sur la Politique de l'Eau

 Créé en 2007, à l’initiative de Riccardo Petrella, l’Institut Européen de Recherche sur la Politique de l’Eau (IERPE)http://ierpe.eu/index.php?lng=fr poursuit quatre objectifs majeurshttp://ierpe.eu/articles.php?lng=fr&pg=11 :

  • Réaliser des études et des recherches sur la problématique de l'eau aux plans européen et mondial ;
  • Promouvoir et soutenir des actions d'information et de sensibilisation des citoyens européens aux enjeux et aux choix opérés en matière de politique de l'eau ;
  • Expérimenter de nouvelles formes de coopération aux plans européen et mondial dans le domaine de l'eau entre parlements, gouvernements locaux, entreprises publiques et organisations de citoyens (Partenariat Public/Public) ; 
  • Promouvoir et organiser des programmes européens on-line d'éducation à la problématique.

Pour atteindre ses objectifs, l'IERPE privilégie quatre champs d'analyse et de recherchehttp://ierpe.eu/articles.php?lng=fr&pg=12 :

  • l'eau bien commun, l'eau bien public : les politiques en matière de propriété et d'usage de l'eau ; l'eau dans le vécu quotidien, éducation et eau ; 
  • le gouvernement de l'eau : analyses comparatives des législations, des institutions et des politiques nationales en matière d'eau, environnement, sols, territoires ; participation des citoyens ;
  • l'économie de l'eau : coûts et financements, technologies, emploi et éducation, organisation de la gestion des services hydriques, l''industrie" de l'eau ;
  • le futur de l'eau : la "crise" hydrique actuelle et évolutions possibles en liaison avec le changement climatique ; "l'or bleu"? ; les guerres de l'eau? ; recherches sur les "futuribles de l'eau". 

A ces fins, l'IERPE a trois projets en cours de réalisation :

En 2009, l'IERPE a été à l'origine, en collaboration avec le World Political Forum présidé par Mikhaïl Gorbatchev, d'un Mémorandum pour un Protocole mondial sur l'eauhttp://ierpe.eu/articles.php?lng=fr&pg=71, présenté à la Conférence de l'ONU sur le développement durable et les changements climatiques de Copenhague.

Le Mémorandum a essayé, sans succès, de soutenir l'inclusion de la thématique de l'eau, à l'agenda des débats et de la résolution finale de la Conférence.

International Rivers

Créé depuis 1985, International Rivers défend la protection des rivières ainsi que les droits des communautés qui en dépendent. L’objectif étant de préserver les rivières et leurs alentours, de grands travaux tels des barrages, afin non seulement de maintenir un environnement sain, mais aussi, de défendre les droits des populations localeshttp://www.internationalrivers.org/resources/about-international-rivers-3679.

Son expertise se concentre autour des thématiques suivantes : les barrages, l’énergie et la politique de l’eau, le changement climatique et les institutions financières internationales.

Implantée sur 5 continents, ses actions e développent en Afrique, en Amérique latine et en Asie.

International Rivers publie des rapports annuels disponibles en ligne à l’adresse suivante : http://www.internationalrivers.org/annual-reports

Récemment, l’ong a publié le Rapport 3S Rivers under threat  par lequel elle alerte l'opinion public mondial sur les conséquences et les risques qu’entraîneraient les projets hydroélectriques prévus au niveau de 3 bassins hydrographiques au Cambodge (rivière Se Son), au Vietnam (rivière Srepok) et au Laos (rivière Sekong)http://www.internationalrivers.org/resources/3s-rivers-under-threat-7686.

Our Water Commons

Créé en 2008, à l’initiative de On the commons, et soutenue entre autres, par le Conseil des Canadiens, Food and Water Watch, Centre for Human Rights and Law, et la Red Vida, Our Water Commons est un programme collaboratif. Son intention est d'influencer les prises de décisions sur l’administration de l’eau pour les faire tendre vers des systèmes participatifs démocratiques qui mettent en valeur l’équité et la durabilité. Pour cela, 10 principes guident les actions déployées :

-       « Proclamer l’eau comme un bien commun
-       Assurer que la terre et tous les écosystèmes bénéficient du droit à l’eau pour survivre
-       Protéger l’eau à travers la préservation et la loi.
-       Aborder les bassins hydrographiques comme milieux communs.
-       Revendiquer le contrôle communautaire des sources d’eau locales.
-       Défendre la souveraineté des communautés et de la nation en matière d’eau
-       Adopter un modèle fondé sur la justice en matière d’eau, et non sur la charité.
-       Réclamer l’approvisionnement public et des tarifs justes
-       Consacrer le droit à l’eau dans les constitutions nationales et dans une convention des Nations-Unies.
-       Utiliser et développer la doctrine du fidéicommis public pour protéger l’eau. »http://www.ourwatercommons.org/es/sobre-nosotros

Our Water Commons dénonce la gestion privée de l’eau ainsi que le marché de l’eau en bouteillehttp://www.ourwatercommons.org/es/una-mirada-estad%C3%ADstica-sobre-la-crisis-mundial-del-agua.

On trouvera une analyse intéressante des différents modes de gestion, plutôt traditionnels, de l’eau dans différentes régions du monde : http://ourwatercommons.org/sites/default/files/Control-y-manejo-local-de-nuestras-aguas-como-bien-común.pdf

Red Vida 

Fondée en 2003, la Red Vida (RV) http://www.laredvida.org/ s'est donnée pour mission de défendre l’eau en tant que bien public et en tant qu’un droit de l’homme fondamental.

Ses thématiques d’actions sonthttp://www.laredvida.org/quienessomos.php :

  • L’organisation de l’action et de la mobilisation citoyenne sous toutes ses formes, construisant le pouvoir depuis le bas (communautés et groupes les plus démunis) pour modifier l’ordre injuste ;
  • L’articulation locale, régionale, continentale et globale, en favorisant d’une part, l’incorporation de nouvelles organisations au Réseau, et d’autre part, en établissant des liens avec d’autres réseaux ;
  • Résister au processus de marchandisation de l’eau ;
  • Dénoncer les violations du droit à l‘eau ;
  • Favoriser les processus de communication face aux organisations et aux instances publiques nationales et internationales ;
  • Lutter pour la vigueur et le progrès des cadres juridiques nationaux et internationaux ;
  • Construire les processus de communication ;
  • Développer des grilles de lecture de la réalité ;
  • Revendiquer la gestion et le contrôle public et communautaire de l’eau comme moyen pour garantir le droit universel à l’eau.

La Charte de principes de la Red Vida est consultable en ligne : http://www.laredvida.org/im/bolentines/CartaPrincipios.pdf

Réseau Africain de l’Eau

A part le Réseau africain de l’eau existant au sein du FAN, est né à l’issu du Forum Social Mondial de janvier 2007 (Nairobi), un autre réseau africain : le Réseau Africain de l’Eau. 

« Composé d'associations de 18 pays représentatifs de l'ensemble des régions africaines, ce réseau entend lutter contre les pressions en faveur d'une privatisation générale des services de l'eau. 
Avec le lancement de ce réseau, les associations émettent un signal fort aux fournisseurs privés de l'eau, aux gouvernements et aux institutions financières internationales. Elles affirment vouloir résister à la marchandisation de notre ressource et demandent aux gouvernements du monde entier de permettre l'accès à l'eau potable à tous à travers un service public efficace.  Le réseau souligne les résultats désastreux des privatisations de l'eau en Afrique… Des privatisations qui ont souvent été mises en avant comme la solution à la pénurie hydrique. 
« Le message lancé à Nairobi célèbre la résistance au vol de l'eau des africains », a martelé la représentante de la Coalition Sud Africaine contre la Privatisation de l'Eau, avec cet espoir de célébrer, demain, l'accès à l'eau salubre pour tous. 
Avec la création de ce Réseau Africain de l'Eau, 5 principes non négociables ont été affirmés. 
- La lutte contre la privatisation de l'eau sous toutes ses formes 
- Une gestion publique et participative des ressources en eau 
- L'opposition à toutes les formes des systèmes d'eau pré-payée 
- L'inscription de l'eau comme un droit de l'homme dans nos constitutions nationales 
- La gestion de l'eau comme un domaine national d'intérêt public La première tache des associations sera de sensibiliser au plus vite les populations, les gouvernements, mais également de montrer que ce grand mouvement restera incorruptible »http://www.frequenceterre.com/chroniques-environnement-220207-276-RESEAU-AFRICAIN-DE-L-EAU.html.

Southeast Asian Council for Food Security and Fair Trade

Le Southeast Asian Council for Food Security and Fair Trade (SEACON)http://www.seacouncil.org/seacon/ est une organisation non gouvernementale, à but non lucratif, basée en Malaisie. Ce réseau est constitué par des organisations de la société civile de différents pays : Malaisie, Indonésie, les Philippines, Thaïlande, Cambodge, et LaosPour la liste détaillée des membres du réseau, consulter en ligne :  http://www.seacouncil.org/seacon/index.php?option=com_content&view=article&id=49:members&catid=34:for-display&Itemid=80.

Le réseau soutient fortement le principe que « Chaque personne a le droit à une alimentation saine, nourrissante, acceptable, disponible, abordable, et accessible à tout moment »Traduit de l’anglais : « Every person has a right to food, and food being safe, nutritious, acceptable, available, affordable and accessible at all times »..

C’est au titre des droits des agriculteurs que le SAECON a souligné l’adoption de la Résolution de l’AG-NU du 28 juillet 2010 reconnaissant le droit humain à l’eau et à l’assainissementhttp://www.seacouncil.org/seacon/index.php?option=com_content&view=article&id=380:un-adopts-water-as-a-human-right&catid=55:farmers-rights&Itemid=85

Via Campesina 

Réseau international d’organisations paysannes.

C’est à l’occasion du 2ème Forum mondial de l’eau, que la Via Campesinahttp://www.viacampesina.org/fr/ ainsi que d’autres groupes, ont rendu publique leur Vision pour l’action de la société civile, clairement opposée  aux principes fondamentaux du Conseil mondial de l’eau et adopté lors de ce Forum, créé en 1996, avec le soutien de la Banque Mondiale et des principales entreprises multinationales de l'eau. 

Au-delà de l'opposition à une gestion privée des ressources hydriques, Via Campesina pense que « Chaque être humain a droit à de l’eau propre », qu'une meilleure répartition des ressources financières permettrait de « fournir de l’eau potable à chaque personne vivant sur la planète » ; et qu'il faut « protéger l’intégrité écologique de tous les écosystèmes » afin de garantir un approvisionnement durable en eauhttp://www.viacampesina.org/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=84:leau-cest-la-vie&catid=25:forum-social-mondial&Itemid=34.

La Déclaration des Droits des Paysannes et des Paysans affirme, dans son article IV « Droit à la terre et au territoire », que « Les paysans et les paysannes ont le droit à l’eau potable et à une hygiène satisfaisante » (§4) ; qu’ils ont « le droit à l’eau potable et à l’eau pour l’irrigation » (§5) ; qu’ils ont « le droit de contrôler les ressources en eau dans leur région » (§6) pour lequel ils ont le droit de recevoir une aide (§7). Ils ont également « le droit de rejeter toutes sortes d’acquisition et de conversion de la terre à des fins économiques » (§9).http://viacampesina.net/downloads/PDF/FR-3.pdf.

Water Justice Network

Water Justice Networkhttp://www.tni.org/work-area/water-justice a été lancé en 2004 par le Transnational Institute afin d’améliorer et de promouvoir la gestion publique de l’eau à travers le monde.

Le réseau compte 130 membres de 38 pays différents, et travaille étroitement avec d'autres réseaux régionaux en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie et en Europe.

Les objectifs du Water Justice Project sont dehttp://www.tni.org/page/about-water-justice-project :

  • agir pour promouvoir la plateforme du réseau « Reclaiming Public Water » ;
  • faciliter les processus collectifs d’apprentissage au niveau global, régional et local, sur les modes d’approvisionnement en eau et sur les réformes pour une distribution publique de l’eau ;
  • mener des campagnes et des activités de lobbying auprès des gouvernements donateurs, des institutions financières internationales et des acteurs tels que la commission européenne ;
  • représenter la société civile auprès du Global Water Operators Partnerships Alliance à l’ONU.

WaterAid 

WaterAidhttp://www.wateraid.org/ a pour objectif d’améliorer les conditions d’accès à l’eau salubre, d’hygiène et d’installations sanitaireshttp://www.wateraid.org/international/about_us/vision_and_mission/default.asp.

Cette association considère le droit à l’eau et à l’assainissement comme un droit de l’homme de base pour la santé, l’éducation et la subsistance, ainsi que la première étape vers la réduction de la pauvreté.http://www.wateraid.org/international/about_us/vision_and_mission/default.asp C’est selon cette approche que WaterAid agit auprès des communautés les plus pauvres pour améliorer ou parfois créer des accès à l’eau et à l’assainissement, pour ainsi permettre à 25 millions de personnes, d’ici à 2015, d’accéder à des services d’eau potable et d’assainissement. Tel est l’objectif de la stratégie de WaterAid pour la période 2009-2015.http://www.wateraid.org/international/about_us/strategy/default.asp

À cet effet, quatre buts ont été identifiés :

  • Promouvoir et assurer les droits et l’accès des pauvres à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène améliorés ;
  • Appuyer les gouvernements et les fournisseurs de services en développant leurs capacités à livrer des services d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène améliorés ;
  • Mener un plaidoyer pour le rôle fondamental de l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène améliorés dans le développement humain ;
  • Poursuivre le développement de WaterAid en tant qu’organisation internationale efficace et reconnue comme leader dans le domaine de l’eau.

WaterLex – Centre de recherche et de conseil sur le droit à l’eau et à l’assainissement

Fondée en 2010, WaterLexhttp://www.waterlex.org/ a obtenu le soutien de personnalités internationalement reconnues dont entre autres : Catarina de Albuquerque (Experte indépendante des NU chargée de la question des obligations en rapport avec les droits de l’homme relatifs à l’accès à l’eau et à l’assainissement) ; Bertrand Charrier (ancien directeur de Green Cross, aujourd’hui chargé des relations Think Tanks et Milieux Académiques ; Agence Française de Développement) ; Michel Doucin, (ancien ambassadeur pour les droits de l’homme de la France) ; Silvia Escobar (ambassadeur pour les droits de l’homme de l’Espagne) ; Paulo Sergio Pinheiro (Vice-président de la Commission interaméricaine des droits de l’homme) ; Dzidek Kedzia (membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels) ; Pau Hunt (ancien rapporteur spécial des NU sur le droit de toute personne à jouir du meilleur état de santé physique et mentale susceptible d’être atteint) ; Luis Gallegos (membre su Comité des NU contre la torture) ; Rosa Maria Ortiz (Vice-présidente du Comité des Droits de l’Enfant).

WaterLex a pour mission de contribuer à la jouissance du droit à l’eau et à l’assainissement de chaque être humain. Pour cela, WaterLex met en place différentes activités, de recherche appliquée, de conseil, mais aussi d’assistance technique, de formation et de plaidoyer. Ces activités sont destinées à toutes organisations intéressées, et en particulier aux organisations gouvernementales de coopération, aux administrations gouvernementales, aux agences de notation et entreprises privées.

Les organisations non gouvernementales intervenant, entre autres, dans le domaine de l'eau

Action Contre la faim

Action Contre la Faim (ACF) mène des actions de terrains pour améliorer les conditions d’accès à l’eau et à l’assainissement, à travers la construction de points d’eau, des infrastructures sanitaires en suivant une approche intégrée et en organisant des réunions d’information et de promotion de l’hygiènehttp://www.actioncontrelafaim.org/nos-missions/domaines-daction/eau-et-assainissement/. ACF mène en parallèle des actions de plaidoyer et de communication pour la promotion du droit à l’eau et à l’assainissement pour tous.

ACF a produit un manuel didactique portant sur trente ans d’expertise des programmes d’aide d’assainissement de l’eau et d’hygiène pour les populations démunies : « Eau – Assainissement – Hygiène pour les populations à risques », Editions Hermann, 2006, consultable en ligne : http://www.actioncontrelafaim.org/fileadmin/contribution/8_publications/pdf/ACF%20WASH%20-%20eu%20assainissement%20et%20hygiene%20manuel%20-%2001-2007%20-%20Fr.pdf. 

C’est en 2008 qu’ACF a publié un document de positionnement intitulé « Le droit à l’eau, un droit de l’homme universel », consultable en ligne : http://www.actioncontrelafaim.org/eau/ACFIN-POSIT.DROITDELEAU_FR.pdf.

Ce document fait d’abord un rappel de la reconnaissance de ce droit au niveau international, puis expose la position d’ACF fondée sur l’Observation générale n°15 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de 2002.

En effet en 2008, le droit à l’eau figure dans des conventions portant sur la protection d’autres droits de l’hommeL’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ; article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ; Convention de Genève de 1949 et ses deux protocoles additionnels ; article 14 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ; et enfin l’article 24 de la Convention relative aux droits de l’enfant ; (p.8). ; ACF considère « qu’il est essentiel que davantage de reconnaissance soit accordée à ce droit fondamental » (p.8).

Ensuite, ACF affirme clairement que « le droit à l’eau est un droit de l’homme universel et inaliénable dont personne ne devrait être privé » ; que « le droit à l’eau est un droit à la fois individuel et collectif » ; et qu’elle « n’accepte pas que l’eau soit considérée de manière trop restrictive comme un simple besoin » (p.9).

La même année, ACF a publié le Rapport The right to water – Emergence, definition, current situation and stakeholders positions, consultable en ligne : http://www.actioncontrelafaim.org/fileadmin/contribution/8_publications/pdf/Ouvrages_et_fascicules_techniques/ACF-RIGHT_TO_WATER-janv2008.pdf. 

ACF a également publié des dossiers de presse à l’occasion de la journée mondiale de l’eau en 2006http://www.actioncontrelafaim.org/fileadmin/contribution/7_presse/pdf/evenements/DP_eau_2006.pdf, en 2007http://www.actioncontrelafaim.org/fileadmin/contribution/7_presse/pdf/evenements/DP_JME_2007.pdf, en 2008http://www.actioncontrelafaim.org/fileadmin/contribution/5_mobilisation/pdf_evenements/DP_JME_2008.pdf, en 2009http://www.actioncontrelafaim.org/fileadmin/contribution/7_presse/pdf/thematiqures/DP_eau_BD_OK.pdf, et en 2010http://www.actioncontrelafaim.org/fileadmin/contribution/7_presse/pdf/evenements/DPACFJME_2010_web.pdf. Dans ce dernier dossier, ACF estime que « Avoir la possibilité d’évoluer dans un environnement sain doit être défendu comme un droit fondamental pour l’être humain », sous-entendu que le manque d’infrastructures d’assainissement et donc d’accès à l’eau constitue une atteinte à la dignité humaine.

Enfin en 2009, ACF a publié un ouvrage technique portant sur Le droit à l’eau et à l’assainissement en situation d’urgence, consultable en ligne : http://www.actioncontrelafaim.org/fileadmin/contribution/8_publications/pdf/Ouvrages_et_fascicules_techniques/MAQ.WASH_PROMOTION_FINAL.pdf.

Cet ouvrage consiste à donner une définition claire et concise du droit à l’eau dans le cas particulier des situations d’urgence, puis il propose des méthodes de développement d’activités de plaidoyer fondées sur le droit à l’eau.

NB : Aucune réaction ne semble avoir été formulée par ACF suite à l’adoption des deux résolutions de l’AG et du Conseil des droits de l’homme en 2010, sur le droit humain à l’eau.

Liste des publications d’ACF sur l’eau et l’assainissement : http://www.actioncontrelafaim.org/publications/scientifiques-et-techniques/ouvrages-et-fascicules-techniques/

Alliance Sud

Alliance Sud http://www.alliancesud.ch/fr/politique/eau est un organisme suisse, regroupant six ong de développement : Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper. Elle s’intéresse aux politiques de développement et tente d’influencer la politique suisse en faveur des pays pauvres.

Elle a toujours soutenu la reconnaissance du droit humain à l’eau et donc a salué l’adoption de la Résolution de l’ONU portant sur le droit humain à l’eau et à l’assainissement. Elle a par ailleurs, mis en place la Coordination suisse « L’eau comme bien public ».http://www.alliancesud.ch/fr/politique/eau/ONU-eau-comme-droit-humain

Un de ses axes de recherche porte sur la question de l’eau, tant sous l’angle des droits de l’homme, que sous la question de la privatisation, ou encore des potentiels conflits liés à l’eau.http://www.alliancesud.ch/fr/cs

Centre on Housing Rights and Evictions

Le Centre on Housing Rights and Evictions (COHRE) http://www.cohre.org/ a été créé en 1994 en vue d'assurer la pleine jouissance du droit à un logement convenable pour tous et partout.

Dans le cadre de son programme d’activités « Eau et assainissement », COHRE mène des actions pour améliorer les services en eau et assainissement notamment à Buenos Aires en ArgentineCOHRE, « Annual Report, 2009 », publié en 2010, p.17, consultable en ligne http://www.cohre.org/sites/default/files/annual_report_2009.pdf. COHRE a réalisé une étude conjointement avec des ONG nationales sur le bassin du fleuve Matanza-Riachuelo, intitulée « Access to Clean Water in the Metropolitan Area of Buenos Aires ». Cette analyse a été conduite dans l’optique de mener des politiques publiques davantage respectueuses du droit humain à l’accès à l’eau potable« The report will be used to advocate for better public policies that respect the human right to access to clean water. », COHRE, « Annual report, 2009 », op.cit.supra note 54, p.18..

COHRE a également publié un rapport  en 2009 sur le secteur de l’eau et de l’assainissement au Ghana, axé sur les structures juridiques et politiques existantes en la matière et sur les mesures à prendre pour  améliorer le secteur.COHRE, « A rights-based review of the legal and policy framework of the Ghanaian water dans sanitation sector », 2009, consultable en ligne http://www.cohre.org/store/attachments/RWP%20-%20Rightsbased%20review%20of%20Ghanaian%20watsan%20sector.pdf

Il a fait de même concernant le Kenya, en vue de stimuler le gouvernement à adopter les politiques nécessaires pour concrétiser le droit à l'eau et à l'assainissement pour tous, conformément aussi aux principes constitutionnels du pays. COHRE, « Annual report, 2009 », op.cit.supra note 54, p.26.

Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme

Dans son rapport de 2002 portant sur la situation au Niger, intitulé Droit à l’eau potable au Niger. Enfants de Tibiri : quand l’eau se transforme en poison. Privatisation de la distribution de l’eau : un processus à surveiller, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH) dénonce la situation mondiale de l’eau : « 1,5 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, et près de 4 milliards manquent de conditions sanitaires convenables ». Elle déclare ensuite que « L’eau potable est pourtant une ressource vitale pour l’être humain et le droit à l’eau et à l’assainissement fait partie intégrante des droits de l’Homme officiellement reconnus »http://www.fidh.org/Droit-a-l-eau-potable-au-Niger. Face à cette situation, la FIDH a décidé de « mandater une mission d’enquête sur la situation des enfants de Tibiri et d’étudier dans ce cadre la responsabilité de l’Etat nigérien au regard des obligations internationales qui lui incombent, notamment au titre du Pacte des Nations unes sur les droits économiques, sociaux et culturels, en matière de droit à la santé et de droit d’accès à l’eau ».

Déjà en 2000, la FIDH a publié l’article « L’accès à l’eau sacrifié sur l’autel du marché – Peut-on marchander un droit fondamental? »http://www.fidh.org/L-ACCES-A-L-EAU-SACRIFIE-SUR-L-AUTEL-DU-MARCHE, à travers lequel elle dénonce la déclaration finale du 2ème Forum mondial de l’eau qui a eu lieu à la Haye en 2000. En effet, la déclaration finale considère l’eau non plus « comme un ‘droit fondamental’ mais comme « un simple ‘besoin fondamental’ »http://www.fidh.org/L-ACCES-A-L-EAU-SACRIFIE-SUR-L-AUTEL-DU-MARCHE. La FIDH regrette cette nouvelle orientation, craignant que l’eau soit « transform(er) en une simple marchandise et céd(er) ainsi à la logique du marché ».

Friends of the Earth International 

Les Amis de la Terre Internationalhttp://www.foei.org/foei-home-page?set_language=en est, d'après leur site, « le plus grand réseau mondial d’organisations environnementales de base ‘grass roots’ »http://www.foei.org/foei-home-page-fr?set_language=fr.

Le domaine de l’eau figure parmi ses sept domaines d’actions.

Le réseau affirme explicitement que l’accès à l’eau potable est un droit humainhttp://www.foei.org/fr/what-we-do/eau. S’il n’existe pas de programme international dans ce domaine, certaines antennes nationales opèrent sur le terrain. Le réseau a souligné la reconnaissance de l’AG-NU du droit humain à l’eauhttp://www.foei.org/fr/what-we-do/eau/documents-les-plus-recents/l2019onu-reconnait-l2019eau-comme-droit-humain.

Les Amis de la Terre – Francehttp://www.amisdelaterre.org/ aborde la thématique de l’eau et soutient le droit à l’eau en dénonçant les actions des acteurs privés dans le domaine de l’eau. Dans article « Ni soif, ni profits : Démeaucratie! »http://www.amisdelaterre.org/L-eau-Positionnement-des-Amis-de.html, l’ong affirme que « l’accès à l’eau est un droit humain », et qu’il trouve son fondement implicite aux articles 11 et 12 du Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels, ainsi qu’à travers l’Observation générale 15 du Comité des droits économiques sociaux et culturels. Ainsi l’ong estime que « l’accès à l’eau étant considéré comme un droit de l’Homme, il est nécessaire de mettre en œuvre les moyens pour que tous aient un accès à l’eau potable et à l’assainissement. La gestion de l’eau doit se faire dans l’intérêt commun et dans le respect de l’environnement »Idem.. Elle dénonce le modèle français des partenariats public-privé, au motif qu’une telle gestion de l’eau ne permet pas un accès à tous, les plus pauvres étant souvent exclus à cause des prix tendant à augmenter.

Lors de la 13ème Commission du Développement Durable ayant eu lieu en avril 2005, les Amis de la Terre ainsi que l’association 4D avaient demandé à ce que le droit à l’eau soit réaffirméhttp://www.amisdelaterre.org/Le-droit-a-l-eau-n-interesse-pas.html. Or ce n’a pas été le cas. L’association 4D a ainsi affirmé que « l’approche en terme de droit a vraisemblablement gêné ! Assimilée à tort à la gratuité de l’accès à l’eau potable pour les populations les plus démunies par de nombreux Etats-membres, ou vécue comme un engagement trop contraignant par d’autres (USA ; certains membres du G77), elle a révélé le manque de volonté politique qui continue de miner les questions d’accès à l’eau ». Le droit à l’eau a finalement été écarté de la déclaration finale de la CDD. Les Amis de la Terre souligne tout de même comme signe positif pour la suite, l’inscription dans cette déclaration finale la nécessité « d’impliquer tous les acteurs, en particulier les femmes et les jeunes, dans la gestion des services d’eau »Idem..

Green Cross International 

Green Cross International (GRI) affirme que l’accès à l’eau est un droit de l’homme universel. Dans ce cadre, GRI développe des plaidoyers, des programmes d’éducation ainsi que des initiatives pratiques comme le projet « Smart Water for Green Schools »http://www.gci.ch/en/water.

GRI soutient également la promotion du droit humain à l’eauhttp://www.gci.ch/en/what-we-do/conflict-prevention/water/right-to-water-and-sanitation. À cet effet, GCI a mené la campagne sur le droit à l’eau et à l’assainissement, campagne de sensibilisation sur ce droit en collaboration avec d’autres organisations de la société civile. Ensemble, ils s’assurent de la consécration au niveau national de ce droit et de sa mise en oeuvre.

Dans ce cadre, Green Cross France a publié deux rapports en 2006 :

Dans ce dernier rapport, le droit à l’eau y est défini et désigne « le Droit fondamental d’Accès à une « Eau pour la Vie » en qualité et en quantité suffisante pour satisfaire les besoins individuels »Bertrand CHARRIER, « Rencontres internationales pour le droit d’accès à l’eau – Principes Fondamentaux pour une Convention cadre sur le droit à l’eau », op.cit.supra note 69, p.4..

Human Rights Watch

Dans plusieurs publications HRW dénonce la privation ou la dégradation de l’accès à l’eau et à l’assainissement dans certaines situations, comme portant atteintes aux droits de l’homme. Par exemple dans le rapport Côte d’Ivoire : Le coût de l’impasse politique pour les droits humains décrit aussi la façon dont la stagnation a entraîné une détérioration croissante des soins médicaux, de l’éducation publique, ainsi que de l’eau et des installations sanitaireshttp://www.hrw.org/fr/news/2005/12/22/c-te-d-ivoire-la-stagnation-nourrit-l-impunit-pour-les-atteintes-aux-droits-humains. Dans un article de 2003, HRW dénonce la volonté d’Israël de construire la barrière de séparation en Cisjordanie, aux motifs que cette « barrière et les dispositions concernant son fonctionnement constituent une violation de la liberté de mouvement des Palestiniens, mettant en danger leur accès à la nourriture, l’eau, l’éducation et les services médicaux »http://www.hrw.org/fr/news/2003/09/30/isra-l-la-barri-re-de-s-paration-en-cisjordanie-met-en-danger-les-droits-humains.

Le rapport I lost everythingHRW Report, « I lost everything », Mai 2010, consultable en ligne http://www.hrw.org/node/90334 dénonce la destruction massive et non-justifiée des accès à l’eau sur les territoires palestiniens occupés, ainsi que l’absence d’approvisionnement en eau des camps de réfugiés.

Néanmoins, le droit humain à l’eau n’est pas explicitement affirmé ou même reconnu par HRW, mais HRW semble indirectement reconsidérer que le droit à l’eau découle d’autres droits de l’homme.

Oxfam-Solidarités 

Alors que Oxfam International dénonce la mortalité élevée, notamment d’enfants, liée à un problème d’approvisionnement en eau salubre ; Oxfam-solidarité, l’antenne d’OS en Belgique, affirme clairement que « L’eau n’est pas une marchandise ! Elle est un droit pour tous et un bien commun de l’humanité »http://www.oxfamsol.be/fr/-Eau-.html. Dans ce cadre, OS a lancé une campagne qui s’inscrit dans le cadre mondial de lutte contre la privatisation et la marchandisation de l’eau.

Oxfam-Solidarité mène des actions sur le terrain pour rendre l’eau potable de plus en plus accessible, notamment dans les zones rurales :

La Revue Globo du mois de septembre 2010Hanne STEVENS, in Oxfam-Solidarité, Globo – Objectifs du Millénaire : le poids de l’incohérence, Trimestriel, numéro 31, septembre 2010, consultable en ligne http://www.oxfamsol.be/fr/IMG/pdf/Globo31FRweb.pdf contient un article « L’eau, l’or noir du 21° siècle » qui dénonce les intérêts des grandes multinationales (Banque mondiale, FMI, OMC, Suez et Veolia) ; qui accordent des prêts ou investissent dans les pays en contrepartie de la privatisation du secteur de l’eauHanne STEVENS, in Oxfam-Solidarité, Globo – Objectifs du Millénaire : le poids de l’incohérence, op.cit.supra note 59, p.6.

Solidarités International 

Solidarités International (SI) a souligné l’adoption de la Résolution 64/292 de l’AG portant le droit à l’eau et à l’assainissement au rang des droits de l’homme. Néanmoins, elle insiste sur le fait que cette résolution n’est pas contraignante et donc ne changera rien dans l’immédiat sur la concrétisation de ce droit. Elle affirme également qu’il faut agir de manière plus efficace et plus énergique pour combattre la première cause de mortalité au mondehttp://www.solidarites.org/presse/communiques/eau-droithumain.shtml.

SI met en œuvre de nombreux programmes pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement. Ces programmes s’inscrivent dans le cadre bien souvent, de situations d’urgence, suite à des conflits ou des catastrophes naturelles. Les périodes post-crises sont alors couvertes par des programmes de reconstruction. SI adopte une démarche fort participative, en impliquant au maximum la population locale dans la réalisation de tous ses programmes.

SI a pris 10 engagements pour l’accès à l’eau et l’assainissement :

      « Apporter dans les situations d’urgence un accès à l’eau potable et à l’assainissement aux populations vulnérables.
      Fournir une eau potable que nous avons testée par nous-mêmes et qui réponde aux critères de santé publique.
      Promouvoir la formation aux règles d’hygiène pour éviter les maladies hydriques qui sont la première cause de mortalité au monde.
      Réaliser dans les situations de reconstruction des infrastructures durables répondant aux besoins des populations, en coopération avec elles et leurs représentants.
      Agir de la manière la plus adaptée aux modes de vie, aux coutumes et à la culture des populations dans une perspective de développement.
      Veiller à la pérennité de la ressource en eau, par l’évaluation des ressources, par la formation des utilisateurs, des gestionnaires et des autorités concernées à la bonne gestion de cette ressource.
      Promouvoir des technologies de traitement de l’eau potable, des eaux usées et des déchets, peu coûteuses, durables et respectueuses de l’environnement.
      Former à la maintenance des infrastructures et à leur gestion, contribuer à la mise en place de comités de gestion avec des représentants des utilisateurs,
des autorités locales et des partenaires.
      Améliorer de manière permanente l’efficience du service rendu aux populations par la mise en œuvre d’un projet qualité eau et assainissement fondé sur l’évaluation régulière et le pilotage des projets.
      Informer et mobiliser l’opinion publique et les décideurs dans le cadre du combat humanitaire que nous menons pour l’accès à l’eau potable et à l’hygiène pour tous. »http://www.solidarites.org/eau-potable/dix-engagements-pour-leau.shtml. 

SI développe des programmes pour améliorer l’accès l’eau potable. Quelques exemples :

Pour le détail des actions mises en places en 2006, SI a publié le Rapport Eau potable : l’urgence humanitaire , consultable en ligne : http://www.solidarites.org/eau-potable/Dossier-JME-Eau-potable-lurgence-humanitaire.pdf

En 2008, SI a publié le Rapport sur l’eau insalubre, première cause de mortalité dans le monde, consultable en ligne : http://www.solidarites.org/eau-potable/pdf/Rapport%20eau%202008.pdf

Le dernier rapport des activités des programmes Eau « L’eau qui tue, l’eau qui sauve : une urgence humanitaire », date de 2009 et est disponible en ligne : http://www.solidarites.org/eau-potable/pdf/Dossier-Eau-JME-2009-fr.pdf

Enfin un document « Référentiel technique » a été publié en 2010, dont une partie porte sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement, consultable en ligne : http://www.solidarites.org/publications/documents-techniques/Ref-Tech-FR.pdf